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Les étudiants slovènes devant la chapelle de JonzyPour la cinquième année consécutive, le CEP (Centre international d’Etudes des Patrimoines culturels en Charolais-Brionnais) accueille une nouvelle équipe de 6 étudiants de la Faculté d’architecture de l’Université de Lubliana, en Slovénie, dans le cadre du programme d’inventaire des églises romanes en Bourgogne du sud.

Cette nouvelle équipe slovène qui travaille sous la direction académique du professeur Peter Fister, directeur de l’Institut d’architecture, est encadrée par M. Ljubo Lah, assistant du professeur Fister, et par M. Boris Deanovic, de l’Institut de protection du patrimoine de Slovénie.

L’équipe des étudiants slovènes s’attaque, cette année, à deux églises romanes très intéressantes, et pratiquement inconnues des amateurs d’art roman, à savoir les églises de Nochize et de Jonzy.

Ancienne église de NochizeL’église de Nochize, dans le canton de Paray-le-Monial, est pratiquement méconnue des nombreux visiteurs qui sillonnent les « Chemins du Roman » en Charolais-Brionnais. Cette église à nef unique, couverte d’une charpente, présente quelques traits de caractères assez archaïques (maçonnerie en petits moellons, fenêtres très étroites…) qui donnent à penser que cet édifice aurait pu être édifié à la fin du XIe siècle. Dans ce cas, elle ferait partie du groupe des églises romanes les plus anciennes, en Pays Charolais-Brionnais.

L’église de Nochize a failli disparaître…..Depuis longtemps désaffectée, l’église de Nochize a failli disparaître. Elle a servi, tour à tour, de maison d’habitation et de bâtiment à usage agricole. Lors d’une première campagne de pré-inventaire photographique, en 2002, on a trouvé cette église dans un état d’abandon complet, envahie par la végétation et ouverte à tous les vents.

Comme la commune ne possédait aucun bâtiment public (mairie-école ou salle polyvalente) elle a décidé de réhabiliter l’ancienne église romane, afin de la transformer en salle communale pour accueillir les réunions du conseil municipal, les fêtes de familles et, éventuellement, des manifestations culturelles.

Un projet controversé : naturellement, ce projet s’est heurté à de nombreux obstacles. Dans un premier temps, il a fallu racheter l’église et la place du bourg qui étaient devenues des propriétés privées. Assez rapidement, la municipalité s’est heurtée à un avis défavorable de l’Architecte des Bâtiments de France qui préconisait une protection de l’église au titre des Monuments historiques. Par la suite, la Direction Régionale des Affaires Culturelles ordonnait une étude archéologique, sur le terrain, afin d’avoir une idée plus précise de l’intérêt historique du bâtiment. Début 2003, une fouille préventive a été conduite par Emmanuel Laborier, du Service Régional de l’Archéologie et Luc Staniaszek, anthropologue. Les tranchées de sondage effectuées à proximité du bâtiment, à l’emplacement de l’ancien cimetière, ont permis de retrouver de nombreuses sépultures, et notamment des bols en céramique glaçurée des XVIIe et XVIIIe siècles, qui témoignent d’une pratique funéraire assez fréquente, dans la zone du Charolais-Brionnais.

Dans le même temps, Alain Guerreau directeur de recherche au CNRS et spécialiste de paléographie médiévale, retrouvait quelques informations sur l’ancienneté de la paroisse de Nochize. En étudiant le cartulaire du prieuré clunisien de Paray-le-Monial, on apprend que le seigneur du lieu « Ilion de Chevenizet », à la fin du XIe siècle, donna au monastère parodien l’église, le presbytère et le cimetière de « novas casas » (maisons neuves) qui est le nom ancien de Nochize. On sait également que l’église a été plusieurs fois transformée, sous l’Ancien Régime et à l’époque contemporaine : percement de nouvelles fenêtres, destruction du chevet et arasement du clocher.

Malgré ces informations très intéressantes, démontrant l’ancienneté et l’intérêt archéologique de l’église de Nochize, celle-ci ne sera pas classée au titre des Monuments historiques.

« Par un courrier en date du 24 février 2003, monsieur le préfet de la Région de Bourgogne informe le maire que la Commission du Patrimoine et des Sites a émis un avis défavorable à toute mesure de protection de l’église Saint-Michel de Nochize, en raison des nombreuses transformations qu’elle a subies » (Journal de Saône-et-Loire, 16 mars 2003). Cette réponse négative du Préfet de Région en traînait, paradoxalement, un résultat positif puisqu’elle levait les obstacles pour la réalisation du projet de salle communale.

Chapelle romane de JonzyLa chapelle romane de Jonzy, à Saint-Julien-de-Jonzy (canton de Semur-en-Brionnais) a une tout autre histoire. L’actuelle commune de Saint-Julien-de-Jonzy provient de la réunion, au XIXe siècle, des deux anciennes paroisses de Jonzy et Saint-Julien-de-Cray. Suite au regroupement des deux communautés paroissiales se pose un sérieux problème pour le rassemblement des fidèles dans une seule église. C’est à ce moment qu’on décide l’agrandissement de l’église romane de Saint-Julien qui a pris le nom de Saint-Julien-de-Jonzy. La nef est alors détruite et remplacée par une nouvelle nef, avec deux bas-côtés, en position inversée par rapport à la travée de chœur romane qui a été conservée, ainsi que le beau clocher roman. L’ancienne église paroissiale de Jonzy se trouve alors désaffectée et va tomber dans des mains privées, ainsi que le terrain environnement. L’église de Jonzy est, encore aujourd’hui, une propriété privée.

La chapelle de Jonzy se compose d’une nef quadrangulaire, d’une travée de chœur un peu plus étroite et d’une abside semi-circulaire. A l’extérieur, le clocher rectangulaire et de plan barlong, présente un soubassement de l’époque romane, percé sur chacune des faces, de fenêtres très étroites. L’étage supérieur est de l’époque moderne.

Décor peint de la chapelle de JonzyLa croisée du transept est couverte d’une coupole sur trompes qui supportent le massif du clocher. Les chapiteaux de la croisée permettent de dater cet édifice de la seconde moitié du XIIe siècle. Avant la Révolution française, la paroisse de Jonzy comportait 15 maisons et 80 communiants. L’église, sous le vocable de Saint-Martin, faisait partie du diocèse de Mâcon et de l’archiprêtré de Charlieu. Cette église était rattachée au réseau clunisien, puisque la patronne du clocher était la prieure du monastère des dames de Marcigny, fondation clunisienne du XIe siècle.

La 21ème campagne de relevés architecturaux des églises romanes en Bourgogne du sud va permettre de documenter deux églises romanes fortes intéressantes et qui contribuent, de manière significative à la richesse du patrimoine roman de notre région.

Un grand merci aux étudiants slovènes de la faculté d’architecture de Lubliana pour leur excellente contribution à la redécouverte du patrimoine roman en Bourgogne du sud.

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